Trolls contre humains : pourquoi on perd toujours la bataille des commentaires

Trolls contre humains : pourquoi on perd toujours la bataille des commentaires

Ce matin, café en main, j’ai fait l’erreur de lire les commentaires sous un article politique. Grosse erreur. En 10 minutes, j’ai vu passer des théories du complot, des insultes créatives et au moins 15 variantes de « réveille-toi mouton ». Le pire? Une bonne partie venait probablement pas d’humains. Heureusement qu’il existe encore des divertissements sains comme les jeux de cartes en ligne pour se changer les idées.

On est en 2024 et le trolling a changé de dimension, marquant véritablement l’ère du trolling contemporain.

Les nouveaux trolls sont des machines (et c’est flippant)

Avant, un troll c’était Jean-Michel qui s’ennuyait au bureau et qui balançait des vannes sous les articles du Figaro. Maintenant? C’est devenu industriel, aussi sophistiqué que la programmation musicale des casinos pour manipuler les comportements. La France vient de créer tout un service gouvernemental juste pour traquer les fermes de trolls russes. Oui, vous avez bien lu. Des fermes. De trolls.

Le truc vraiment chelou, c’est qu’on ne sait plus qui est qui. Ce commentaire rageur sous votre dernier post Instagram? Peut-être un bot. Cette review assassine sur TripAdvisor? Possiblement générée par IA.

D’ailleurs Google vient de modifier son système de reviews sur Maps. Apparemment, il n’y avait pas assez de trolls (!). Ils ont simplifié le processus pour poster des avis. Génial.

Comment reconnaître un bot troll?

  • Il répond dans la seconde (aucun humain ne tape aussi vite)
  • Ses phrases sont grammaticalement parfaites mais bizarrement creuses
  • Il revient toujours au même sujet, peu importe le contexte
  • Son profil a été créé y’a 2 jours avec une photo stock

Franchement, c’est devenu un jeu de repérer les faux comptes. Sauf que c’est pas drôle quand ils influencent des élections ou pourrissent des débats importants.

La Finlande a trouvé LA solution (et on devrait copier)

Pendant qu’on galère, les Finlandais ont pris le problème à la racine. Là-bas, dès l’école primaire, les gamins apprennent à détecter les trolls et les fake news. Genre vraiment, c’est dans le programme scolaire.

Résultat? Le pays est classé premier en résistance à la désinformation. Pas mal.

Pays Formation anti-troll Efficacité
Finlande Dès 6 ans Champion du monde
France Quelques initiatives On fait ce qu’on peut
USA Quasi inexistant C’est le chaos
Russie Formation de trolls Très efficace (pour eux)

Ce qui me tue, c’est qu’on sait exactement ce qu’il faudrait faire. Mais entre savoir et faire…

Pourquoi on devient tous des trolls (un peu)

Bon, soyons honnêtes deux secondes. Qui n’a jamais balancé un commentaire un peu salé sous le coup de l’énervement? Perso, ça m’est arrivé. Pas fier, mais voilà.

Trolls contre humains : pourquoi on perd toujours la bataille des commentaires

Le problème c’est que le web transforme tout le monde en warrior du clavier. Cette phrase qu’on oserait jamais dire en face? Hop, postée en 3 secondes sous pseudo.

L’effet « bistrot numérique »

Un sociologue décrivait ça comme la rencontre entre le ragoteur de bistrot et l’anonymat du web. Sauf qu’au bistrot, au bout d’un moment, on te dit de rentrer chez toi. Sur internet? Tu peux rager H24.

Les plateformes adorent. Plus de clash = plus d’engagement = plus de pub vendue.

Simple.

Les vrais dégâts du trolling moderne

Au-delà du côté relou, les trolls causent de vrais dommages. Des restos qui ferment à cause de fausses reviews. Des gens harcelés jusqu’à craquer. Des débats publics complètement pourris.

J’ai un pote qui tient un petit resto. L’année dernière, une armée de trolls lui a mis 50 avis 1 étoile en une nuit. Motif? Il avait viré un client bourré. Le mec avait des contacts dans une « communauté » de trolls. Voilà.

(D’ailleurs en parlant de reviews, même les plateformes de jeux en ligne galèrent avec les faux avis. J’ai vu ça récemment en cherchant des infos pour rejoindre Vegas Plus Casino, y’avait autant d’avis suspects que de vrais retours d’expérience.)

Le resto a mis 6 mois à remonter sa note. 6 mois de galère pour une soirée de trolling.

Netflix fait des films sur les trolls norvégiens

Petit aparté culturel : Netflix vient de sortir « Troll 2 », la suite du film norvégien sur un monstre géant. Ironique non? On fait des blockbusters sur des trolls fantasy pendant que les vrais trolls pourrissent internet.

Au moins dans le film, on voit le monstre arriver. Sur Twitter, ils se planquent derrière des avatars d’anime.

Que faire face aux trolls?

Honnêtement? Pas grand-chose. Les bloquer? Ils reviennent avec 10 comptes. Les signaler? Les plateformes s’en fichent tant que ça génère du trafic. Les ignorer? Plus facile à dire qu’à faire.

Quelques trucs qui marchent (parfois) :
– Ne jamais nourrir le troll (répondre = lui donner ce qu’il veut)
– Screenshotter avant de bloquer (au cas où)
– Vérifier les profils avant de s’énerver
– Se rappeler que derrière l’écran, c’est peut-être juste un algorithme

Mais clairement, c’est David contre Goliath. Sauf que Goliath a 50 000 comptes fake et du temps à perdre.

La riposte s’organise (doucement)

Côté positif, certains pays commencent à réagir. La France forme des équipes spécialisées. L’UE prépare des lois. Les plateformes… font semblant de s’inquiéter.

Perso je suis mitigé. D’un côté, il faut bien faire quelque chose. De l’autre, qui décide ce qui est du trolling et ce qui est juste une opinion qui dérange?

Terrain glissant.

En attendant que ça bouge vraiment, on fait avec. On apprend à repérer les patterns. On éduque nos proches. On essaie de pas devenir des trolls nous-mêmes (pas toujours évident un lundi matin).

Internet restera probablement toujours un peu sauvage. C’est aussi ça qui fait son charme. Mais entre sauvage et toxique, y’a une marge. Une marge que les trolls ont allègrement franchie.

FAQ

C’est quoi la différence entre un troll et quelqu’un qui n’est juste pas d’accord?

Un désaccord, ça se discute. Un troll cherche juste à foutre le bordel. Si la personne argumente, écoute (même vaguement) et reste dans le sujet, c’est probablement pas un troll. Si elle balance des insultes, change de sujet toutes les 2 secondes et semble juste là pour énerver, bingo.

Les trolls peuvent vraiment influencer des élections?

Malheureusement oui. Les fermes de trolls russes ont été documentées lors de plusieurs élections occidentales. Ils créent des faux débats, amplifient les divisions existantes et noient les vraies infos sous la désinformation. C’est pas de la science-fiction, c’est documenté.

Pourquoi les plateformes ne font rien?

L’engagement. Les trolls génèrent des réactions, des réponses, du temps passé sur la plateforme. Pour Facebook ou Twitter, c’est du temps de cerveau disponible pour la pub. Tant que ça rapporte plus que ça coûte en modération, pourquoi changer?

La situation va s’améliorer ou empirer?

Les deux mon capitaine. D’un côté, l’IA va permettre de créer des trolls encore plus réalistes et nombreux. De l’autre, on développe aussi des outils pour les détecter et les gens deviennent (doucement) plus méfiants. On est dans une course à l’armement version numérique.