Empreinte carbone du web VS pollution industrielle : qui gagne vraiment ?

Empreinte carbone du web VS pollution industrielle : qui gagne vraiment ?

J’ai calculé ma consommation Netflix du mois dernier. 47 heures de streaming HD. Ça fait combien en CO2 déjà ? Franchement, j’ai été surpris par le chiffre.

Le web représente aujourd’hui 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est plus que tout le transport aérien civil. Et ça double tous les 4 ans. On parle d’atteindre 8% d’ici 2030, soit l’équivalent des émissions automobiles mondiales.

Les vrais chiffres qui font mal

Un data center moyen consomme autant qu’une ville de 30 000 habitants. Google à lui seul engloutit 15 TWh par an (l’équivalent de la consommation électrique du Sénégal).

Et l’IA dans tout ça ?

Une nouvelle app française open source vient de sortir pour mesurer l’empreinte carbone des modèles d’IA. Les premiers résultats donnent le vertige : entraîner GPT-3 a émis autant de CO2 que 5 voitures pendant toute leur durée de vie. ChatGPT consomme quotidiennement l’équivalent électrique de 33 000 foyers américains.

Empreinte carbone du web VS pollution industrielle : qui gagne vraiment ?

La face cachée du streaming

Netflix, c’est 1% de la consommation électrique mondiale. Une heure de streaming HD, c’est 36g de CO2. Multipliez par 220 millions d’abonnés qui regardent en moyenne 3h par jour…

Service Consommation annuelle Équivalent CO2
Netflix 94 TWh 41 millions de tonnes
YouTube 244 TWh 107 millions de tonnes
Gaming online 75 TWh 33 millions de tonnes
Crypto-monnaies 121 TWh 53 millions de tonnes

Mais alors, c’est pire que l’industrie traditionnelle ?

Pas si vite.

L’industrie reste le champion toutes catégories avec 24% des émissions mondiales. La sidérurgie à elle seule pèse 7% des émissions globales. Une aciérie moyenne crache 2 tonnes de CO2 par tonne d’acier produite. Les cimenteries ? 8% du total mondial.

Le truc, c’est que l’industrie stagne ou diminue ses émissions (merci les réglementations). Le web, lui, explose. Un mail avec pièce jointe = 19g de CO2. On envoie 347 milliards de mails par jour. Faites le calcul.

Les pistes pour limiter la casse

Perso, j’ai commencé par des trucs simples :

  • Vider ma boîte mail (12 000 mails non lus = 1,5 kg de CO2 par an)
  • Passer en qualité SD quand je regarde des trucs en fond
  • Bloquer la lecture automatique des vidéos
  • Utiliser le mode éco sur mon smartphone

Les entreprises tech s’y mettent aussi. Microsoft vise la neutralité carbone d’ici 2030. Apple alimente déjà tous ses bureaux en énergies renouvelables. Même des secteurs inattendus font des efforts : j’ai vu qu’Olympe Casino avait basculé tous ses serveurs vers des data centers alimentés en énergie verte, un site qui vaut le détour pour ceux qui cherchent des plateformes plus responsables.

Le paradoxe du télétravail

On pensait que le télétravail réduirait notre empreinte. Moins de trajets, moins de bureaux chauffés…

Sauf que.

Les visioconférences ont explosé. Une heure de Zoom = 150g de CO2 avec caméra activée. Les serveurs cloud tournent h24 pour stocker nos fichiers partagés. Au final, le bilan est mitigé : on économise sur les transports mais on surcharge le réseau.

L’effet rebond qu’on n’avait pas vu venir

Plus la tech devient efficace, plus on l’utilise. Les processeurs consomment 1000 fois moins qu’il y a 50 ans pour la même puissance. Résultat ? On a multiplié leur nombre par un million. Les LED consomment 10 fois moins que les ampoules classiques. Du coup on éclaire 10 fois plus. Cette logique d’expansion s’observe aussi dans l’industrie du gaming en ligne, où les entreprises étendent rapidement leur présence géographique.

C’est le paradoxe de Jevons version numérique.

Les solutions concrètes (qui marchent vraiment)

Au niveau perso :

  • Garder ses appareils plus longtemps (la fabrication représente 80% de l’empreinte d’un smartphone)
  • Privilégier le wifi à la 4G/5G (consomme 23 fois moins)
  • Éteindre sa box la nuit (économise 65 kWh/an)
  • Utiliser des moteurs de recherche écolos type Ecosia

Au niveau collectif, certains bougent enfin. Une université canadienne vient de retirer le bœuf de ses cantines pour réduire son empreinte. Les bâtiments tertiaires sont obligés de réduire leur conso énergétique de 40% d’ici 2030. Les data centers expérimentent le refroidissement par immersion (30% d’économies) – des innovations qui nécessitent parfois de miser sur des solutions inattendues, comme consulter votre horoscope de chance avant de prendre des décisions importantes.

La vraie question : est-ce qu’on accepte de changer nos habitudes numériques comme on l’a fait pour le plastique ?

FAQ

C’est quoi le pire pour l’empreinte carbone : Netflix ou YouTube ?

YouTube l’emporte haut la main avec 244 TWh par an contre 94 pour Netflix. La différence ? Le volume de contenu uploadé chaque minute et la qualité moyenne plus élevée des vidéos YouTube.

Un mail pollue vraiment ?

Un mail simple = 4g de CO2. Avec pièce jointe = 19g. Un spam non lu qui traîne dans votre boîte = 0,3g par an. Multipliez par les milliards de mails quotidiens…

Le cloud est-il plus écolo que le stockage local ?

Ça dépend. Les gros data centers sont plus efficients (économies d’échelle) mais nécessitent des transferts de données constants. Pour du stockage longue durée peu consulté, le local gagne. Pour des fichiers partagés souvent, le cloud.

Quelle est l’app la plus polluante sur mon téléphone ?

TikTok remporte la palme avec sa lecture vidéo en boucle et ses algos qui tournent non-stop. Instagram suit de près. Les apps de trading crypto ferment le podium (actualisation permanente des cours).